Après avoir participé à plusieurs spectacles en tant qu’acteur, il réalise en janvier 1991 sa première mise en scène. Christian (et sa tragique trajectoire) est un seul en scène d’Alain Eloy, un jeune acteur fraîchement diplômé de l’INSAS. Créé à la Ferme Holleken à Linkebeek (banlieue de Bruxelles), le spectacle sera repris de 1991 à 1994 à Bruxelles (au Botanique), à la Maison de la Culture de Tournai, aux Bateliers à Namur et au Centre Culturel de Huy.
C’est en préparant cette première création que Michael Delaunoy et Alain Eloy décident de former avec différents collaborateurs artistiques leur propre compagnie qu’ils nomment Off Limits, en hommage à Arthur Adamov dont ils projettent de monter Les Retrouvailles. Parmi ces collaborateurs, plusieurs travaillent aujourd’hui encore avec la compagnie : l’actrice Anne-Claire, le scénographe Philippe Henry, l’éclairagiste Laurent Kaye, le compositeur Michel Fourgon.
En mai 1992, la Compagnie Off Limits crée Les Retrouvailles au Théâtre de la Place à Liège, dirigé alors par Jean-Louis Colinet. Le spectacle rencontre un bel écho public et critique et sera repris la saison suivante à la Maison de la Culture de Namur (à l’invitation de Bernard Debroux qui dirige à l’époque le Centre théâtral) et à la Maison de la Culture de Tournai, qui accueillera par la suite un nombre important de créations de la compagnie, sous l’impulsion de son infatigable programmateur Jean-Marie Lefebvre. Sous le nom d’Off Limits, la compagnie réalisera jusqu’en 1999 quatre autres créations : Le Belvédère d’Ödön von Horváth en 1993, à nouveau coproduit par le Théâtre de la Place et accueilli au Théâtre Varia à Bruxelles, à l’invitation de Philippe Sireuil, Un Ciel sans Nuages de Luca De Bei, spectacle créé en 1994 dans le cadre du Premier Marathon Européen de la Création Théâtrale organisé au Plan K à Bruxelles par l’association Temporalia (animée par Pietro Pizzuti), L’Armoire aux Hippocampes d’Alain Eloy et Michael Delaunoy en 1996, nouveau seul en scène d’Alain Eloy créé à la Maison de la Culture de Tournai avec l’aide du Centre Dramatique Hainuyer (qui deviendra par la suite, sous la direction de Daniel Cordova, un partenaire régulier de la compagnie) et enfin Credo d’Enzo Cormann en 1999, spectacle créé à L’L à Bruxelles et repris à la Maison de la Culture de Tournai.
Parallèlement aux créations de la Compagnie Off Limits, Michael Delaunoy est progressivement invité par différentes compagnies et institutions. Tout d’abord, il remonte en 1995, mais cette fois en italien, Un Cielo senza Nuvole de Luca De Bei (qu’il avait créé en français en 1994 au Plan K) au Teatro La Comunitá à Rome. Ce spectacle connaîtra un important succès critique et public. En 1996, Diktat d’Enzo Cormann, créé à l’invitation du Théâtre Le Public, connaît également un important succès public et de presse et participe à imposer en Communauté française de Belgique Michael Delaunoy comme un metteur en scène important de sa génération. L’acteur Patrick Brüll est nominé aux Prix du théâtre (prix des journalistes culturels de Belgique francophone) pour ce spectacle, qui sera repris en 2000, au Théâtre Le Public ainsi qu’au Théâtre de Namur, désormais dirigé par Patrick Colpé. L’Immortaliste de Laurence Vielle est un projet porté par l’acteur Etienne Van der Belen qui sera présenté en 1997 successivement à L’L, à la Maison de la Culture de Tournai et au Centre Culturel de Charleroi. En 1998, autre étape importante pour Michael Delaunoy qui, invité par Philippe Van Kessel à diriger une production au Théâtre National, propose Sur les Ruines de Carthage de René Kalisky. C’est la première fois qu’un texte de ce grand dramaturge belge prématurément disparu en 1981 est présenté sur la première scène de la Communauté française de Belgique. Le spectacle est également présenté au Théâtre de l’Ancre à Charleroi. Une jeune compagnie, la Compagnie de la Lune, propose parallèlement à Michael Delaunoy de monter avec elle un texte commandé à Pietro Pizzuti. La pièce s’intitule Alba Rosa et est créée, avec l’aide du Centre Dramatique Hainuyer, à l’Eden à Charleroi avant d’être présenté à la Maison de la Culture de Tournai et à l’ancienne Ecole Vétérinaire à Bruxelles. Elle recevra le Prix de la SACD. Toujours en 1998, Michael Delaunoy est invité pour la deuxième fois au Théâtre Le Public, pour y monter cette fois un spectacle Tchekhov : La Nuit du Bouffon d’après Le Chant du Cygne, L’Ours et La Demande en mariage. Le spectacle est également présenté à Liège, au Centre Culturel Les Chiroux.
En 1999, dans la perspective d’une résidence de la compagnie à la Maison de la Culture de Tournai - résidence qui ne verra finalement pas le jour - Michael Delaunoy réorganise la compagnie et la dote d’un nouveau nom : l’envers du théâtre – compagnie Michael Delaunoy. Il souhaite que cette nouvelle compagnie concentre désormais l’essentiel de son activité de metteur en scène, même s’il accepte encore (mais plus rarement que par le passé) des invitations d’autres compagnies ou institutions. L’envers du théâtre va dès lors proposer un nombre important de productions qui vont durablement inscrire la compagnie dans le paysage théâtral de la Communauté française de Belgique. En mars 2000, c’est Mademoiselle Julie d’August Strindberg, spectacle qui réunit un nombre considérable de partenaires : le Centre Dramatique Hainuyer, le Théâtre de Namur, la Maison de la Culture de Tournai, le Centre Culturel de Charleroi, le Centre Culturel de Mons et le Théâtre Les Tanneurs à Bruxelles, dirigé par Geneviève Druet. En novembre 2000 : Maldoror d’après Lautréamont, spectacle de théâtre musical dont le compositeur Michel Fourgon (collaborateur régulier de la compagnie) a signé la musique. Le spectacle, coproduit par le Théâtre de la Place et l’Ensemble Musiques Nouvelles (dirigé par Jean-Paul Dessy), est créé au Cœur Saint-Lambert à Liège, avant d’être présenté à Mons et à l’Espace Senghor à Bruxelles. Janvier 2002 : Kasimir et Karoline d’Ödön von Horváth est une grosse production dont Michel Fourgon signe à nouveau la musique : onze acteurs et cinq instrumentistes sur scène. Cette production réunit à nouveau de nombreux partenaires : le Centre Dramatique Hainuyer, le Théâtre National, la Maison de la Culture de Tournai, le Centre Culturel de Mons, le Centre Culturel de Charleroi, le Théâtre de la Place et le Centre des Arts Scéniques. Le spectacle connaît un très gros succès et sera repris en janvier et février 2004 au Théâtre National, à la Maison Culturelle d’Ath et au Phénix, scène nationale de Valenciennes. Il sera nominé dans trois catégories aux Prix du théâtre. En mai 2003, Contusione è minima du dramaturge belge Paul Pourveur est créé en coproduction avec le Théâtre de la Balsamine à Bruxelles et est sélectionné au Théâtre des Doms (théâtre de la Communauté française de Belgique à Avignon) et présenté durant tout le Festival d’Avignon 2004. En juillet 2004, Mièvre miel et sirop tiède, spectacle de chansons interprétées par Alain Eloy et six instrumentistes est présenté en création au Festival au Carré à Mons, en coproduction avec le manège.mons/Centre dramatique (ex-CDH), et repris en mars 2005 à la Maison de la Culture de Tournai et au Centre Culturel de Huy. En septembre et octobre 2004, Aïda vaincue de René Kalisky est coproduit par le manège.mons/Centre dramatique et joué également au Théâtre de l’Ancre à Charleroi. Le spectacle est repris en janvier et février 2006 au Théâtre Les Tanneurs (Bruxelles), à la Maison de la Culture de Tournai, au Waux-Hall de Nivelles et au Phénix de Valenciennes. Ce spectacle a été primé quatre fois lors des Prix du Théâtre 2005 : meilleur spectacle, meilleur actrice (Jo Deseure), meilleur acteur (Julien Roy), meilleure scénographie (Philippe Henry).
En janvier 2006, l’envers du théâtre entame un compagnonnage au Théâtre de la Place des Martyrs. Mars 2006 : première production aux Martyrs : Créanciers d’August Strindberg. Le même mois, création au manège.mons/Centre dramatique (dans la toute nouvelle salle) de L’abécédaire des temps modernes (tome 1), première partie d’une trilogie commandée par la compagnie à Paul Pourveur. Le spectacle est repris aux Martyrs en janvier et février 2007. Aux Prix du théâtre 2006, Laurent Kaye reçoit le Prix de la meilleure création artistique et technique pour ce spectacle ainsi que pour Créanciers. Paul Pourveur est quant à lui nominé dans la catégorie Meilleur auteur. En avril 2007, la compagnie crée avec le Théâtre Blanc de Québec et en coproduction avec le manège.mons/Centre dramatique et le Théâtre de l’Ancre (Charleroi) Frank, le garçon boucher de l’auteur irlandais Patrick McCabe : près de 70 représentations en Belgique, au Québec et dans le Nouveau-Brunswick. Alain Eloy reçoit le prix du meilleur comédien pour ce spectacle aux Prix de la critique 2006-2007 (Michael Delaunoy y était quant à lui en nomination pour le prix du meilleur metteur en scène).
Depuis 1999 – année durant laquelle la compagnie a pris le nom de l’envers du théâtre, Michael Delaunoy a accepté, en plus de son travail avec la compagnie, plusieurs invitations. En 2002, L’Affaire de la rue de Lourcine d’Eugène Labiche qu’il monte à la demande de Philippe Sireuil à l’Atelierthéâtre Jean Vilar à Louvain-la-Neuve et, en 2002 toujours, Les Hospitalières de Xavier de Guillebon avec la Compagnie Lézards Cyniques, spectacle présenté à l’Espace Senghor à Bruxelles, repris en 2003 à la Mezza Luna à Liège et pour lequel Michael Delaunoy est nominé aux Prix du théâtre comme meilleur metteur en scène. En mars 2004, il a créé le nouveau spectacle de l’Atelier du Jeune Théâtre National : Léonce et Léna de Georg Büchner, en tournée en Wallonie jusqu’en mai 2004 et, en novembre 2004 puis avril 2005, à Bruxelles, dans le nouveau Théâtre National (dont le spectacle inaugure la petite salle). En février 2007, Delaunoy crée au Rideau de Bruxelles Histoires d’un idiot de guerre d’Ascanio Celestini, qui sera en nomination aux Prix de la critique 2006-2007 comme meilleur spectacle.
En juin 2007, Michael Delaunoy est nommé directeur artistique du Rideau de Bruxelles, une des premières scènes de création en Communauté française de Belgique. Il y assure la création en français, en novembre 2007, de Blackbird du dramaturge écossais David Harrower.
En février 2008, Delaunoy monte Agatha de Marguerite Duras dans la petite salle du Théâtre de la Place des Martyrs. Ce spectacle clôt le compagnonnage de l’envers du théâtre au Théâtre de la Place des Martyrs. Durant son mandat de directeur artistique du Rideau de Bruxelles, les futures créations de Michael Delaunoy seront produites par cette institution.